Isabelle Verhaegen, Directrice Nationale de Plan International Belgique, revient sur les principaux enseignements de l’étude « Nous ne devrions pas avoir à marcher dans la peur » et sur les actions menées pour promouvoir l’égalité des filles.
Un engagement de longue date pour les droits des filles
Depuis 2022 à la tête de Plan International Belgique, Isabelle Verhaegen rappelle que l’organisation œuvre depuis plus de 40 ans pour un monde où chaque fille peut être libre. « Nous défendons les droits des enfants, avec un focus particulier sur les filles, encore trop souvent discriminées ou privées d’opportunités », explique-t-elle. À l’international, Plan International mène des projets dans une dizaine de pays et assure une aide humanitaire là où elle est nécessaire. En Belgique, des partenariats avec les écoles, clubs sportifs et municipalités visent à briser les normes de genre, notamment à travers le projet Safer Cities et des campagnes de sensibilisation sur le consentement.
Des normes sociales qui pèsent lourdement sur les filles
L’étude récemment publiée montre que les normes sociales influencent profondément la perception et le comportement des adolescentes. « 68 % des filles en début d’adolescence considèrent la violence masculine comme normale, et 57 % estiment que c’est à elles d’assurer leur propre sécurité », souligne Isabelle Verhaegen. Ces croyances restreignent leur mobilité, leur liberté et leur estime de soi, parfois jusqu’aux choix vestimentaires et déplacements quotidiens.
Un constat alarmant mais porteur d’espoir
Deux points ressortent particulièrement selon la directrice : la responsabilité attribuée aux filles pour leur propre sécurité augmente avec l’âge, passant de 57 % chez les 14–15 ans à 67 % chez les 17–18 ans. Mais 89 % des jeunes femmes estiment qu’il est possible de changer ces comportements. Ce chiffre traduit une volonté des adolescentes de devenir actrices du changement.

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Pourquoi ce rapport à la veille des 16 jours d’activisme ?
Isabelle Verhaegen insiste sur le timing stratégique : « Ces 16 jours sont un moment clé pour sensibiliser à la violence basée sur le genre et rappeler que les normes sociales sont à la racine du problème. »
Des stéréotypes persistants malgré les progrès
La directrice note que les normes sociales évoluent lentement. « Même en Belgique, les stéréotypes anciens perdurent, mais nous constatons que les jeunes générations les remettent de plus en plus en question. » Elle pointe notamment les normes qui normalisent la violence masculine et font porter aux filles la responsabilité de leur sécurité, limitant leurs libertés dès le plus jeune âge.
Des impacts multiples sur la vie des filles
Les conséquences ne sont pas seulement symboliques. « Ces normes entraînent stress, anxiété, isolement, risques de violences, grossesses précoces et perte d’opportunités scolaires et professionnelles », précise-t-elle. Les filles finissent par restreindre leurs déplacements et contrôler leur comportement, renforçant les inégalités de liberté entre les sexes.
Agir sur les causes profondes pour changer la donne
Selon Isabelle Verhaegen, *« il est indispensable de s’attaquer aux stéréotypes, aux représentations de genre et aux modèles éducatifs pour garantir la sécurité, la liberté et l’égalité des filles ». Les parents, écoles et institutions ont un rôle central à jouer, en enseignant l’égalité dès le plus jeune âge et en valorisant les mêmes droits pour tous.
Des initiatives concrètes pour transformer les mentalités
En Belgique, le programme Champions of Change illustre cette démarche : « Il sensibilise les jeunes à l’égalité, responsabilise les garçons et soutient le leadership des filles », explique la directrice. Les garçons sont encouragés à devenir des alliés et à remettre en question les masculinités toxiques.
Un appel à la mobilisation collective
Pour la campagne 2025, Plan International vise à informer, sensibiliser et mobiliser le public : « Il s’agit de montrer comment chacun peut agir aux côtés des filles du monde entier pour un monde où toutes peuvent être libres. »
Des témoignages qui marquent
Ce qui frappe Isabelle Verhaegen, c’est la détermination des filles : « Une jeune fille nous a raconté que son père, après avoir entendu des filles plaider pour l’éducation, a décidé de la soutenir malgré la pression sociale. Elle nous a dit : ‘Si je réussis, d’autres filles verront que c’est possible.’ »
Un message pour tous
Aux décideurs politiques, elle rappelle : « Écoutez les filles. Elles sont fortes, intelligentes et capables de contribuer à construire une société meilleure. » Et aux jeunes filles : « Vous êtes fortes, courageuses et capables d’accomplir de grandes choses. Ne laissez personne vous faire croire le contraire. »
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