Des interventions rapides… mais très inégales

L’analyse menée par Vias montre que le délai médian d’intervention est précisément de 11 minutes et 42 secondes. Cela signifie que la moitié des interventions se déroulent plus rapidement, tandis que l’autre moitié dépasse ce seuil. L’étude dévoile également un indicateur important : 95 % des opérations sont menées en moins de 26 minutes et 49 secondes, un délai qui a diminué d’environ deux minutes et demie depuis 2021.

Bruxelles, la région la plus réactive

Les différences régionales sont frappantes. La Région de Bruxelles-Capitale domine en termes de rapidité, avec un temps d’attente médian légèrement supérieur à dix minutes. La Flandre suit avec une moyenne de 11 minutes 30, tandis que la Wallonie affiche le délai le plus long : 12 minutes et 40 secondes en médiane.

Ces écarts s’expliquent en grande partie par la densité de population et la répartition des casernes et postes de secours. Plus l’environnement est urbanisé, plus les interventions sont rapides.

Des contrastes marqués même à l’intérieur des régions

En Wallonie, les grandes villes comme Liège, Namur ou Charleroi obtiennent des résultats comparables aux zones flamandes. En revanche, les communes du sud du sillon Sambre-et-Meuse enregistrent des délais nettement plus élevés, conséquence d’un territoire plus rural et moins densément peuplé.

Hannut illustre parfaitement ces disparités : on y observe un délai médian d’environ huit minutes, contre seize minutes à Habay. Étonnamment, la commune la plus lente du pays n’est pas wallonne mais flamande : Rhode-Saint-Genèse, où le temps médian atteint les 17 minutes.

Jusqu’à 60 % de temps d’attente en plus dans les zones rurales

L’étude confirme un schéma constant : plus une zone est peuplée, plus les secours arrivent vite. Dans les communes très denses (au moins 5 000 habitants/km²), la médiane est de 10 minutes. Dans les zones rurales (moins de 50 habitants/km²), elle grimpe à 16 minutes, soit une augmentation de 60 %.

Des délais plus longs la nuit

Entre jour et nuit, les temps d’intervention varient légèrement. La nuit, la médiane atteint 12 minutes et 30 secondes, contre 11 minutes et 40 secondes en journée. Une différence liée à la disponibilité du personnel : dans plusieurs casernes, les équipes ne sont pas en permanence sur site pendant la nuit.

Une tendance à l’amélioration, mais encore du travail

En 2024, la grande majorité des victimes d’accidents ont été secourues en moins de 27 minutes. Et les délais continuent de diminuer depuis 2021, grâce aux efforts combinés des services d’urgence et des autorités.

Pour Jean-Luc Crucke, Ministre fédéral de la Mobilité, cette avancée doit encore s’accompagner d’une vigilance accrue des usagers :
« Chaque seconde compte. Les véhicules de secours doivent pouvoir circuler rapidement et en toute sécurité. Il est essentiel que chacun leur laisse toujours le passage. »