« La Belgique dispose d’une opportunité unique pour restaurer durablement ses écosystèmes »
Un cadre européen contraignant mais encore mal appliqué
Entrée en vigueur il y a plus d’un an, la loi européenne sur la restauration de la nature oblige chaque État membre à transmettre à la Commission européenne un plan national de restauration au plus tard le 1er septembre 2026. À ce stade intermédiaire, la coalition européenne #RestoreNature a publié une évaluation détaillée de l’état d’avancement des États membres.
Cette analyse repose sur plusieurs critères clés : niveau d’ambition, transparence, implication des parties prenantes, fondements scientifiques, ainsi que les moyens humains et financiers alloués à la mise en œuvre.
Un bilan préoccupant pour la Belgique
Pour la Belgique, le constat est mitigé, voire inquiétant sur certains points. La Coalition belge pour la biodiversité, qui a contribué au rapport, souligne que les autorités wallonnes et flamandes ne semblent pas disposées à appliquer pleinement l’ensemble des dispositions prévues par le règlement européen.
Autre point critique : l’incertitude persistante quant au respect des délais imposés. La Belgique peine à démontrer qu’elle sera en mesure de soumettre un plan national complet et cohérent dans les temps.
Manque de transparence et concertation tardive
Le rapport pointe également un déficit important de transparence. À l’échelle européenne, la Belgique figure parmi les mauvais élèves, notamment en raison d’une consultation du public jugée trop tardive dans le processus d’élaboration du plan.
Des améliorations rapides sont pourtant possibles, selon la coalition : publication d’un calendrier clair des consultations, diffusion des documents de travail, et implication plus large et plus précoce des acteurs concernés, dont les collectivités, les scientifiques et la société civile.
Des bases scientifiques à renforcer
Autre faiblesse identifiée : l’utilisation insuffisante des meilleures données scientifiques disponibles, tant en Wallonie qu’en Flandre. La Coalition pour la biodiversité recommande de s’appuyer davantage sur l’expertise des associations environnementales actives sur le terrain et de créer un groupe consultatif permanent composé de scientifiques indépendants spécialisés dans la restauration des écosystèmes.
Des moyens encore insuffisants, surtout en Wallonie
Si certains besoins financiers ont été identifiés en Flandre, la situation est plus préoccupante au sud du pays. En Wallonie, les moyens humains et financiers destinés à l’élaboration et à la mise en œuvre du plan de restauration sont jugés largement insuffisants.
Pour la coalition, il est désormais urgent de passer du diagnostic à l’action, en mobilisant les ressources nécessaires à la hauteur des enjeux climatiques et environnementaux.
La restauration marine, un exemple à suivre
Le rapport met toutefois en lumière une bonne pratique belge : le plan de restauration des habitats marins. Anticipé avant même l’adoption officielle de la loi européenne, ce processus repose sur une solide base scientifique, une collaboration étroite avec les instituts de recherche et les ONG, ainsi qu’une communication proactive.
Cette approche est saluée comme un modèle à l’échelle européenne et pourrait inspirer la mise en œuvre du reste du plan national, notamment en Wallonie.
Une opportunité économique et écologique majeure
En Wallonie, 95 % des habitats naturels sont aujourd’hui en mauvais état de conservation. Le plan de restauration représente donc une opportunité stratégique majeure, tant pour la biodiversité que pour les secteurs dépendants de la nature, comme l’agriculture ou la foresterie.
« D’un point de vue économique, plusieurs études montrent que le rapport coûts-bénéfices de la restauration est très favorable. Chaque euro investi dans la restauration d’une zone naturelle belge peut générer entre 8 et 51 euros de bénéfices », souligne Laurence Drèze, coordinatrice de la Coalition Biodiversité pour le WWF-Belgique.
Un appel clair aux autorités
La Coalition Biodiversité appelle les autorités belges et wallonnes à tirer pleinement parti de cette analyse européenne pour combler rapidement les lacunes identifiées. En appliquant les recommandations formulées, la Belgique pourrait encore présenter un plan de restauration solide, bénéfique à la fois pour la nature, le climat et les citoyennes et citoyens.
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