Une affaire de blanchiment à grande échelle arrive devant le tribunal pénal de Bruxelles

Ce jeudi 15 janvier, le Tribunal pénal de Bruxelles ouvrira le procès visant une organisation criminelle structurée, poursuivie pour blanchiment d’argent, faux et usage de faux, ainsi que pour participation à une organisation criminelle. L’enquête, pilotée par le parquet de Hal-Vilvorde, met en lumière un mécanisme financier illégal estimé à près de 80 millions d’euros.

Le dossier trouve son origine dans un signalement financier en 2022

L’affaire débute mi-2022, lorsque la Cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) alerte la justice sur des transactions bancaires suspectes liées à une société basée à Kraainem. En quatorze mois, plus de 1,6 million d’euros ont transité sur ses comptes, sans justification économique crédible, éveillant rapidement des soupçons de blanchiment.

Une organisation structurée, active entre liquidités et sociétés écran

Les investigations menées par la Police judiciaire fédérale de Hal-Vilvorde révèlent l’existence d’un réseau organisé, dirigé notamment par des individus d’origine brésilienne et portugaise. Depuis un immeuble de bureaux à Ophain, l’organisation collectait et redistribuait quotidiennement des sommes importantes en espèces.

Le système reposait sur la création de sociétés fictives, administrées par des prête-noms recrutés au Portugal. Ces entités facturaient de fausses prestations à des entreprises, principalement actives dans le secteur de la construction. Les paiements étaient effectués par virement bancaire, puis restitués en liquide aux clients, après prélèvement d’une commission, permettant ainsi l’usage d’argent non déclaré, notamment pour le paiement de travailleurs.

Jusqu’à dix ans de prison requis pour les prévenus

Lors de l’audience préliminaire du 9 octobre 2025, 12 personnes ont été renvoyées devant le tribunal. Selon leur degré d’implication — du chef de réseau au simple exécutant —, elles encourent des peines allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, ainsi que des amendes pouvant atteindre 1,6 million d’euros. Le parquet réclamera également la confiscation des fonds et des biens liés aux activités illégales.

Parmi les prévenus, certains sont toujours sous mandat d’arrêt ou placés sous surveillance électronique, tandis que d’autres ont été libérés sous conditions.

Un procès suivi de près par la justice financière

Les audiences sont fixées aux 15 et 29 janvier, dans un dossier emblématique de la lutte contre le blanchiment d’argent et la criminalité financière organisée en Belgique. Le parquet entend démontrer l’ampleur du système et la responsabilité pénale de chacun des accusés.