Une réforme repoussée mais confirmée

Initialement annoncée pour le début de l’année 2026, la vente de médicaments à l’unité en pharmacie ne verra finalement le jour qu’en avril. Un report jugé nécessaire par les autorités, tant la mise en place de ce nouveau système s’avère complexe sur le plan logistique et organisationnel. Jusqu’à présent, cette pratique existe déjà dans les hôpitaux et les maisons de repos, notamment pour les antibiotiques. L’objectif est désormais d’étendre ce modèle aux pharmacies de ville.

Les antibiotiques comme phase test

La réforme débutera par une phase pilote ciblée sur les antibiotiques. Concrètement, les patients pourront acheter uniquement le nombre exact de comprimés prescrits par leur médecin, sans devoir acquérir une boîte complète. À terme, le dispositif pourrait être élargi à d’autres classes de médicaments. Les autorités espèrent ainsi réduire le gaspillage médicamenteux, diminuer les dépenses inutiles pour les patients et limiter les risques liés à l’automédication.

Une charge de travail accrue pour les pharmaciens

Si l’intention est saluée sur le fond, les pharmaciens alertent toutefois sur les contraintes pratiques. Délivrer des médicaments à l’unité implique de puiser directement dans les boîtes, de gérer des stocks plus complexes, de copier et remettre une notice à chaque patient et d’assurer une traçabilité irréprochable. Autant de tâches supplémentaires qui risquent d’alourdir significativement la charge de travail au comptoir, sans garantie d’une compensation suffisante.

Un modèle encore rare en Europe

À l’heure actuelle, seuls les Pays-Bas appliquent déjà la délivrance de médicaments à l’unité en pharmacie de manière généralisée. La Belgique s’apprête donc à franchir un pas important, observé de près par le secteur de la santé, entre promesses d’économies et inquiétudes professionnelles.

Appel à témoignages

Patients ou pharmaciens, vous êtes concernés par cette future mesure ? Vous souhaitez partager votre expérience, votre avis ou vos inquiétudes face à la vente de médicaments à l’unité ?

Vos témoignages peuvent être envoyés par e-mail à leslie-roels@lebrol.com