Une année marquée par un nombre inédit d’arrestations

La zone portuaire d’Anvers a été le théâtre d’une mobilisation sans précédent des forces de l’ordre. La Police de la Navigation y a interpellé 207 personnes en lien direct avec le trafic de drogue, un chiffre jamais atteint auparavant. La majorité des personnes arrêtées étaient des « extracteurs », ces individus chargés de récupérer la cocaïne dissimulée dans les conteneurs à leur arrivée sur le territoire. Plusieurs arrestations ont également concerné des suspects cachés à l’intérieur de conteneurs, une méthode particulièrement dangereuse.

Parmi les personnes interpellées figurent de nombreux mineurs, un phénomène en nette augmentation par rapport à l’année précédente, confirmant la capacité des réseaux criminels à recruter des profils toujours plus jeunes.

Des enquêtes ciblant le sommet des organisations criminelles

Au-delà des arrestations sur le terrain, les services d’enquête ont renforcé leur action contre les structures dirigeantes du narcotrafic. La Police Judiciaire Fédérale d’Anvers a ouvert 160 nouveaux dossiers liés au trafic international de cocaïne via le port. Ces enquêtes s’attaquent en priorité aux têtes de réseau, aux intermédiaires chargés du recrutement des extracteurs, ainsi qu’aux circuits de blanchiment d’argent.

Cette approche permet non seulement de saisir des quantités importantes de cocaïne, mais aussi d’identifier et de confisquer les biens acquis illégalement par les organisations criminelles.

La justice frappe fort : peines lourdes et confiscations massives

Sur le plan judiciaire, les tribunaux compétents pour la zone portuaire ont traité plusieurs dizaines de dossiers liés à l’importation de drogue. Ces affaires ont débouché sur 242 condamnations, représentant un total cumulé de plus de 900 années de prison et plusieurs millions d’euros d’amendes. Les autorités judiciaires ont également prononcé des confiscations financières et patrimoniales d’un montant exceptionnel, dépassant les 400 millions d’euros.

Ces sanctions s’inscrivent dans une volonté claire de frapper les réseaux là où cela fait le plus mal : leurs ressources financières et leur capacité opérationnelle.

Une stratégie renforcée et coordonnée

L’ensemble de ces actions s’inscrit dans le cadre du Stroomplan 2.0, une stratégie reposant sur une coopération étroite entre police, justice, douanes, services d’inspection et autorités administratives. Cette approche multidisciplinaire vise à désorganiser durablement les réseaux criminels, en combinant actions pénales, économiques et administratives.

Face à un trafic toujours plus sophistiqué, les autorités belges entendent maintenir une pression constante sur le port d’Anvers, devenu l’un des principaux points d’entrée de la cocaïne en Europe.