En Belgique, environ 25 000 personnes sont victimes d’un AVC chaque année, une urgence médicale où chaque minute peut sauver des millions de cellules cérébrales
Lorsqu’un accident vasculaire cérébral survient, la rapidité d’intervention est déterminante pour limiter les séquelles et sauver des vies. Le principe médical « Time is brain » résume parfaitement cette réalité : sans oxygène, près de deux millions de cellules cérébrales peuvent mourir chaque minute. C’est dans ce contexte que l’Unité Audit des Hôpitaux a analysé la prise en charge des AVC ischémiques dans 96 hôpitaux belges afin d’évaluer l’efficacité du système de soins.
L’étude montre que les traitements administrés dans les premières heures suivant l’apparition des symptômes sont de plus en plus utilisés. La thrombolyse, qui consiste à injecter un médicament pour dissoudre le caillot responsable de l’AVC, a progressé ces dernières années. Le taux de recours à ce traitement est passé de 17 % en 2021-2022 à près de 19 % en 2024, se rapprochant des meilleures performances observées en Europe.
Autre technique essentielle, la thrombectomie, qui permet d’extraire directement le caillot dans l’artère cérébrale grâce à une intervention spécialisée. Cette procédure, qui nécessite des infrastructures lourdes et une équipe multidisciplinaire, connaît également une progression. Le taux d’intervention a atteint 9,5 % en 2024, dépassant les références européennes.
L’audit met aussi en lumière le parcours des patients dans les hôpitaux. La grande majorité arrive par les services d’urgence et bénéficie rapidement d’une imagerie cérébrale indispensable pour confirmer le diagnostic. Cependant, seule une vingtaine d’hôpitaux disposent des infrastructures nécessaires pour réaliser les thrombectomies, ce qui oblige parfois à transférer les patients vers des centres spécialisés.
Malgré ces avancées, les experts soulignent que la prise en charge n’est pas encore uniforme sur l’ensemble du territoire. Des écarts persistent entre les hôpitaux, notamment en matière de délais d’intervention, d’accès aux examens ou encore d’utilisation des traitements. Certaines différences apparaissent également entre les régions, la pratique de la thrombolyse étant par exemple plus fréquente en Flandre qu’en Wallonie.
Le rapport pointe aussi un manque de données nationales permettant d’évaluer précisément la qualité des soins. Sur les indicateurs européens de suivi, la Belgique ne dispose aujourd’hui que d’informations partielles, ce qui complique la comparaison entre établissements et l’amélioration globale du système.
Pour répondre à ces défis, l’audit formule quinze recommandations destinées aux hôpitaux et identifie plusieurs priorités pour les autorités publiques. L’objectif est d’améliorer l’organisation du parcours de soins, de renforcer la coopération entre établissements et d’assurer une disponibilité des équipes spécialisées 24 heures sur 24.
Au-delà de la prise en charge hospitalière, la prévention reste un enjeu majeur. Les spécialistes rappellent que de nombreux AVC pourraient être évités en agissant sur les principaux facteurs de risque comme l’hypertension, le tabagisme, l’obésité ou encore les maladies cardiovasculaires. Sensibiliser la population aux symptômes et encourager une intervention rapide demeure donc essentiel pour réduire l’impact de cette pathologie majeure en Belgique.
Commentaires (0)