Un laboratoire professionnel au cœur d’une ferme isolée.

L’intervention, menée début février sous l’autorité du parquet de Flandre orientale et d’un juge d’instruction gantois, a permis de mettre au jour une installation sophistiquée dédiée à la fabrication de drogues de synthèse. Implanté dans une ferme à Assenede, le site était aménagé de manière industrielle, avec l’ensemble des équipements nécessaires à la production et d’importantes quantités de précurseurs chimiques.

L’enquête visait un groupe criminel structuré, actif à l’échelle internationale, soupçonné d’avoir déplacé ses activités vers la Belgique pour y implanter ce laboratoire. Les investigations ont conduit à une série de perquisitions coordonnées, menées à l’aube dans plusieurs lieux en Belgique et aux Pays-Bas, avec l’appui des Unités spéciales de la Police fédérale et de plusieurs zones de police locales.

Sur place, la Clanlab Response Unit, spécialisée dans le démantèlement de laboratoires clandestins, est intervenue aux côtés de la protection civile pour sécuriser et neutraliser les installations, compte tenu des risques chimiques élevés. Les opérations se sont étendues à d’autres sites, notamment à Knokke-Heist et à Sint-Laureins, ainsi qu’à deux adresses néerlandaises.

© Police fédérale

Des interpellations et des saisies significatives.

L’opération a conduit à l’arrestation de onze suspects au total, dont neuf en Belgique et deux aux Pays-Bas. Plusieurs décisions judiciaires ont suivi, allant de mandats d’arrêt à des libérations sous conditions strictes. Les enquêteurs ont également saisi cinq véhicules, deux armes à feu chargées, des dizaines de milliers d’euros en liquide ainsi que des brouilleurs d’ondes, souvent utilisés pour échapper à la surveillance policière.

Au-delà de ce dossier, les autorités rappellent que la Belgique reste une cible privilégiée pour l’implantation de laboratoires clandestins, souvent en lien avec des réseaux néerlandais. Ces structures illégales constituent une menace majeure pour la santé publique et l’environnement, en raison de la toxicité des substances manipulées et des déchets chimiques fréquemment déversés dans la nature.

La police appelle dès lors les citoyens à la vigilance et à signaler toute situation suspecte, comme des allées et venues inhabituelles vers des bâtiments isolés, le transport de fûts ou de bidons, ou encore des odeurs chimiques persistantes, afin de lutter plus efficacement contre ce phénomène.