Un volume global quasi stable malgré un contexte perturbé
En 2025, 30,96 millions de tonnes de marchandises ont été enregistrées sur les 450 kilomètres de voies navigables accessibles aux bateaux de grand gabarit. Ce chiffre est légèrement inférieur à celui de 2024 (-4,1 %), mais il est impacté par la cyberattaque d’avril 2025 ayant touché le SPW, dont l’effet est estimé à 750.000 tonnes non comptabilisées. En intégrant cette correction, le trafic se rapproche fortement des 32,28 millions de tonnes observées l’année précédente.

Le transport de marchandises domine largement le réseau
Sur les 54.866 voyages recensés en 2025, 90 % concernent le transport de marchandises, soit 49.395 voyages. La navigation de plaisance (4.469 voyages) et les bateaux à passagers (1.002 voyages) complètent l’activité du réseau, mais restent marginales en comparaison.
Avec 1,244 milliard de tonnes-kilomètres, le transport fluvial représente une part modale de 2,6 %. Un chiffre modeste, mais essentiel pour désengorger les routes wallonnes : un tel volume équivaudrait à plus de 3.400 camions supplémentaires par jour, soit une file ininterrompue de près de 64 kilomètres.
Une année contrastée, marquée par des interruptions majeures
L’analyse mensuelle du trafic révèle une année en deux temps. Après un début difficile, l’activité s’est progressivement redressée. Cette dynamique aurait toutefois pu être plus favorable sans plusieurs interruptions critiques du réseau, notamment :
l’arrêt prolongé de la navigation à hauteur du pont autoroutier d’Houdeng, effondré lors d’un chantier ;
une interruption de près de trois semaines à l’écluse d’Andenne-Seilles, l’une des plus fréquentées du réseau.
Ces événements ont pesé lourdement sur le trafic, en particulier en Hainaut et en province de Namur.
Évolution structurelle des flux
Les exportations (9,99 Mt) et importations (7,69 Mt) poursuivent leur recul, reflet des mutations industrielles en Wallonie. À l’inverse, le trafic de transit, qui atteint 11,46 Mt, progresse de 5,2 % et représente désormais un tiers du trafic total, confirmant la position stratégique du réseau wallon dans les échanges européens.
Des marchandises toujours plus diversifiées
Les produits carriers, agricoles et métallurgiques restent prédominants et concentrent près de deux tiers des flux. Les engrais et les produits pétroliers complètent le classement.
Si le transport de produits pétroliers semble se stabiliser après plusieurs années de baisse, cette évolution reste fragile et liée aux transformations de la politique énergétique.
Le trafic de conteneurs, intégré à la catégorie « divers », demeure dynamique grâce au développement des terminaux intermodaux, qui favorisent les chaînes logistiques combinant bateau, rail et route.
Une flotte plus performante
Le tonnage moyen par bateau chargé atteint désormais 1.080 tonnes, en hausse par rapport à 2024. Sur dix ans, l’augmentation avoisine 120 tonnes, traduisant la modernisation du réseau et l’utilisation croissante de bateaux à grande capacité.
Un avenir toujours prometteur pour la voie d’eau
Malgré les aléas de 2025, le rapport du SPW MI confirme la pertinence du transport fluvial comme alternative durable au transport routier. Les investissements en cours, notamment le rehaussement des ponts du canal Albert permettant le passage de barges à quatre couches de conteneurs, visent à renforcer l’attractivité du réseau.
Objectif affiché : augmenter la part modale du fluvial, un mode de transport plus sûr, moins polluant par tonne transportée et essentiel pour la mobilité et l’économie wallonnes.
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