Une intervention de routine s’est soldée par une agression physique contre deux agents pénitentiaires à la prison de Haren, l’un des principaux établissements carcéraux de Belgique. Les deux gardiens ont été blessés après qu’un détenu a violemment réagi à une saisie de paracétamol excédentaire lors d’une fouille de cellule.
Selon les premiers éléments recueillis auprès des syndicats pénitentiaires présents sur place, l’incident s’est produit vers 13 h30 lorsqu’un agent a découvert une quantité de paracétamol supérieure à la limite autorisée en détention. Après un rappel à l’ordre, le détenu est resté calme. Mais la situation a dégénéré à l’arrivée d’un second agent venu procéder à la confiscation : le détenu a alors porté un coup à un agent et mordu l’autre au bras, nécessitant l’intervention d’une équipe de maîtrise pour le neutraliser.
Les deux agents ont été conduits à l’infirmerie pénitentiaire pour recevoir des soins, dont un test antitétanique et une prise de sang suite à la morsure. Le détenu a été isolé dans une cellule disciplinaire en attendant les suites pénales internes.
Cette agression survient alors que les syndicats dénoncent régulièrement une pression croissante sur le personnel en détention, en partie liée à la surpopulation, au manque d’effectifs et à la gestion des contrebande au sein de l’établissement. Selon des représentants du personnel, la mégaprison de Haren fait face à des défis structurels importants depuis son ouverture, avec plusieurs incidents graves déjà recensés, y compris des agressions antérieures, des tentatives de suicide de détenus et des dysfonctionnements organisationnels, qui contribuent à une atmosphère de travail tendue.
Dans la foulée de l’incident, les organisations syndicales ont exigé la suspension des activités non essentielles dans l’établissement, tout en maintenant les services indispensables tels que la distribution des repas et les visites légales.
Cette agression intervient à peine deux jours après une émeute survenue à la prison de Marche-en-Famenne, en province de Luxembourg, où plusieurs détenus s’étaient rebellés contre le personnel et causé des dégâts matériels importants. Ces incidents rapprochés mettent en lumière une tension croissante dans les établissements pénitentiaires belges, soulignant les difficultés persistantes liées à la surpopulation, à la gestion des comportements violents et à la sécurité du personnel.
Tandis que les autorités pénitentiaires n’ont pas encore fourni de communiqué officiel, les syndicats appellent à une révision des conditions de travail et de sécurité pour le personnel — un débat qui s’inscrit dans un contexte national plus large concernant la sécurité et l’efficacité de l’administration pénitentiaire belge.
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