Une défense qui repose sur la mise en cause du personnel
Les propriétaires affirment ne pas être à l’origine du départ de feu.
Selon Jessica Moretti, co-propriétaire de l’établissement, l’incendie aurait été déclenché par des bougies à étincelles utilisées lors de la soirée. Elle affirme que ces dispositifs auraient été manipulés par la serveuse Cyane, décédée dans l’incendie, et que l’idée de leur utilisation viendrait directement de l’équipe de service. Une version fermement avancée par la défense, mais qui suscite de vives réactions en raison de l’impossibilité pour les personnes mises en cause de se défendre.
La formation à la sécurité également pointée du doigt
Le rôle de l’agent de sécurité est lui aussi remis en question.
Les propriétaires estiment que Stephan, l’agent de sécurité décédé alors qu’il tentait de sauver plusieurs clients, n’aurait pas correctement formé le personnel à l’utilisation des extincteurs. Une accusation délicate, alors que plusieurs témoignages saluent au contraire son courage et ses multiples allers-retours dans les flammes pour porter secours.
Une issue de secours au cœur des contradictions
La question des portes de secours reste l’un des points clés de l’enquête.
Les propriétaires évoquent également l’intervention supposée d’un saisonnier qui aurait fermé une issue de secours avant de prendre la fuite vers la France. Or, cet employé a été interrogé par les enquêteurs et affirme que la porte était déjà verrouillée, sans savoir qui en était responsable. Une contradiction majeure qui complique l’établissement des faits.
Des contrôles jugés insuffisants par la commune
Les autorités locales reconnaissent une part de négligence.
Jacques Moretti met directement en cause les autorités communales, affirmant que l’établissement n’aurait été contrôlé que trois fois en dix ans, sans qu’aucune infraction ne soit relevée. De son côté, la commune de Crans-Montana a reconnu des défaillances dans la régularité et la rigueur des contrôles, un élément désormais intégré au dossier judiciaire.
La mousse isolante et le fournisseur mis en accusation
Le matériau à l’origine de la propagation du feu soulève de lourdes questions.
Les propriétaires assurent que la mousse isolante utilisée au plafond était homologuée et conforme aux normes en vigueur. Ils accusent toutefois la chaîne de bricolage qui leur aurait conseillé ce produit sans les avertir de son inflammabilité. Jacques Moretti affirme avoir réalisé lui-même des tests, évoquant « peu de flammes, mais énormément de fumée et une forte odeur », un constat aujourd’hui au centre des expertises techniques.
Une procédure judiciaire loin d’être terminée
La justice devra trancher entre négligence, responsabilité et enchaînement de fautes.
Le couple est actuellement poursuivi pour homicides involontaires par négligence, lésions graves par négligence et incendie involontaire. L’enquête devra déterminer si les responsabilités sont individuelles, partagées ou structurelles, dans un drame qui a profondément marqué la région.
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