Une taxe autoroutière discutée depuis plus de 15 ans

Le principe d’une contribution annuelle pour l’usage des autoroutes belges n’est pas nouveau. Depuis plus d’une décennie, le sujet revient régulièrement sur la table sans jamais aboutir. Cette fois, les Régions wallonne et flamande souhaitent relancer le dossier lors d’une réunion prévue fin janvier. Bruxelles, actuellement sans gouvernement, ne participe pas aux discussions.

Contrairement aux péages classiques présents dans d’autres pays européens, le système envisagé ne prévoirait aucune barrière. La vignette serait contrôlée électroniquement grâce aux caméras ANPR déjà installées sur le réseau routier.

Un objectif clair : faire contribuer les conducteurs étrangers

L’enjeu principal de cette vignette autoroutière est de faire participer financièrement les automobilistes étrangers qui empruntent régulièrement les routes belges. Aujourd’hui, ces conducteurs ne paient aucune taxe spécifique pour l’utilisation des infrastructures, contrairement aux véhicules immatriculés en Belgique.

Pour les automobilistes belges, les autorités évoquent une compensation. Le montant de la vignette pourrait être déduit ou neutralisé via les taxes de circulation déjà existantes, afin d’éviter une charge financière supplémentaire.

Compensation fiscale : un mécanisme encore flou

Le secteur automobile insiste sur un point crucial : sans mécanisme de compensation clair, la vignette deviendrait une taxe supplémentaire pour les conducteurs belges. Selon les représentants du secteur, il faudra préciser comment les montants payés via cette nouvelle contribution seraient récupérés ou intégrés dans la fiscalité actuelle.

À ce stade, aucun cadre légal précis n’a été défini, ce qui alimente les incertitudes.

Les taxis pointent un risque d’injustice fiscale

Du côté des taxis, l’inquiétude est bien réelle. Les chauffeurs sont actuellement exonérés de la taxe annuelle de circulation, mais s’acquittent déjà de frais spécifiques liés à leur activité professionnelle, parfois élevés.

Si la vignette autoroutière n’est compensée que via la taxe de circulation, les taxis se retrouveraient automatiquement perdants, avec une charge supplémentaire pouvant atteindre plusieurs centaines d’euros par an.

Les transporteurs plaident pour une taxe kilométrique généralisée

Pour la fédération des transporteurs, la vignette autoroutière ne serait qu’une solution partielle. Le secteur estime qu’une taxation basée sur les kilomètres parcourus serait plus équitable et plus efficace, sur le modèle de la taxe kilométrique déjà appliquée aux poids lourds de plus de 3,5 tonnes depuis 2016.

Actuellement, ce système ne concerne qu’une infime partie du parc automobile. Une extension à l’ensemble des véhicules permettrait, selon eux, de mieux refléter l’usage réel des routes.

Jusqu’à 250 millions d’euros par an pour les routes wallonnes

Selon les estimations, la vignette autoroutière pourrait générer entre 140 et 250 millions d’euros par an pour la Région wallonne. Ces recettes seraient destinées à l’entretien et à la modernisation des infrastructures routières, dont l’état est régulièrement critiqué par les usagers.

Reste toutefois une longue série de questions à trancher : modalités d’application, exceptions, contrôles, répartition des recettes et coordination entre Régions. Autant de points qui devront être clarifiés avant toute mise en œuvre concrète.