Une Wallonie à deux vitesses, dès ce vendredi 6 février 2026
Ce vendredi 6 février 2026, la grève au TEC ne se résume pas à une simple “journée difficile” : elle dessine une Wallonie profondément contrastée, où certains bassins basculent dans la paralysie tandis que d’autres maintiennent une partie de l’offre. Partout, un même point de départ : des assemblées générales du personnel, organisées dans le sillage des échanges entre la direction et les organisations syndicales, qui laissent planer une incertitude permanente sur la circulation réelle des bus, métros et dessertes locales.
Dans ce contexte, l’expérience voyageur devient très différente selon la province : au même moment, un usager peut encore trouver un itinéraire exploitable à Namur ou au Luxembourg, quand un autre, à Charleroi, se retrouve face à un réseau bus et métro annoncé “à l’arrêt”, ou, à Liège–Verviers, face à une situation appelée à durer jusqu’à lundi matin inclus.
Brabant wallon : perturbations massives, réseau sous tension
Dans le Brabant wallon, la journée du 6 février s’annonce particulièrement compliquée. Des assemblées générales sont prévues, ce qui entretient le risque de fortes perturbations sur l’ensemble du réseau. Le TEC invite explicitement à suivre ses canaux d’information et à prévoir une alternative, tant la circulation peut évoluer d’une heure à l’autre.
Sur le terrain, cela se traduit par une longue liste de lignes annoncées comme perturbées dans les deux sens, couvrant à la fois des axes structurants et des dessertes locales. Sont notamment concernées des liaisons qui irriguent le quotidien des navetteurs et des étudiants, autour de Jodoigne, Wavre, Ottignies, Louvain-la-Neuve, Nivelles, Waterloo, Braine-l’Alleud, Genval, La Hulpe, Lasne, Tubize ou encore Chastre. Dans cette configuration, les correspondances deviennent fragiles, les fréquences chutent et plusieurs trajets sont susceptibles de disparaître sans préavis, en particulier aux heures clés du matin et de l’après-midi.
Côté services, l’accès aux guichets et au support client est lui aussi inégal : le point de vente de Baulers fonctionne avec une ouverture tardive (à partir de 12h30), Chastre et Jodoigne restent ouverts, tandis que Wavre est annoncé fermé, et Ottignies demeure fermé en raison des travaux. Le call-center, lui, reste accessible le matin.
Charleroi : bus et métro annoncés “à l’arrêt”, quelques lignes seulement
À Charleroi, la situation franchit un cap : selon l’état communiqué en cours de journée, les réseaux bus et métro sont annoncés “actuellement à l’arrêt”, et la mobilité repose sur un service résiduel. Seules quelques lignes de bus sont signalées en circulation, parmi lesquelles les 99, 108, 109a (limitée), 132c, 136c, 156a, 365a (limitée), 366, ainsi que des lignes express (E109, E110) et le Rbus. Autrement dit : pour la majorité des déplacements urbains, périurbains et de rabattement vers les pôles de correspondance, il faut s’attendre à une impossibilité de voyager via le réseau TEC classique.
Même lorsqu’une ligne “circule”, la réalité peut être celle d’itinéraires raccourcis, de terminus avancés et d’une capacité insuffisante face à la demande reportée. Dans ce type de journée, la meilleure stratégie reste de vérifier son trajet arrêt par arrêt, au moment du départ, et de prévoir un plan B (covoiturage, train si pertinent, ou télétravail lorsque possible).
Les services commerciaux, eux, restent plus accessibles qu’ailleurs : les SHOP de Charleroi-Central et Madeleine sont annoncés ouverts sur une large plage horaire, et le call center est joignable.
Hainaut : 17 lignes maintenues, 35 en mode dégradé, le reste supprimé
Dans le Hainaut, la grève ne bloque pas tout de la même manière, mais elle coupe profondément le réseau. Le TEC y annonce un schéma très clair : un petit noyau de lignes qui circulent “normalement”, un second groupe de lignes “perturbées ou limitées”, et “toutes les autres lignes” supprimées.
Les 17 lignes indiquées comme circulant normalement sont les suivantes : 12 (Ath-Blaton), 21 (Binche-Estinnes-au-Mont), 30 (Angre-Saint-Ghislain), 41 (Mons-Maubeuge), 42 (Neufvilles-Enghien), 78 (Saint-Ghislain-Péruwelz), 80 (Blaton-Bernissart), 81 (Ath-Blaton), 86A (Leuze-en-Hainaut-Blaton), 86C (Leuze-en-Hainaut-Péruwelz), 87 (Renaix-Enghien), 94 (Ath-Enghien), 473 (Steenkerque-Braine-le-Comte), MWR (Mouscron-Wattrelos-Roubaix), E40 (Ath-Péruwelz), E41 (Renaix-Péruwelz) et E42 (Renaix-Tournai).
Les 35 lignes annoncées comme perturbées ou limitées comprennent notamment : 1 (Mons-Saint-Ghislain) et 1 (Mouscron-Tournai), 2 (Mouscron-Tournai), 3 (Comines-Mouscron), 4 (Tournai-Baisieux) et 4 (Wasmes-Baudour), 6 (Mons-Flénu) et 6 (Comines-Houplines), 7 (Tournai-Guignies), 8 (Tournai-Péruwelz), 9 (Tournai-Ath), 10 (Ath-Ellezelles), 11 (Saint-Ghislain-Boussu), 14 (Mons-Saint-Ghislain), 23 (Mons-Goegnies), 27 (Soignies-Neufvilles), 34 (Binche-Mons), 86B (Renaix-Leuze-en-Hainaut), 88 (La Glanerie-Tournai), 95 (Leuze-en-Hainaut-Tournai), 97 (Renaix-Tournai), 98 (Lesdain-Tournai), 100 (Ath-Saint-Ghislain), 107 (La Louvière-Ecaussinnes), 108 (Binche-Erquelinnes), 134 (Erquelinnes-Mons), 483 (Renaix-Tournai), 491 (Péruwelz-Tournai), ainsi que plusieurs dessertes urbaines ou “City” (Tournai City, Mouscron, etc.).
En clair, même si certains axes restent debout, l’immense majorité du réseau hennuyer est soit amputée, soit imprévisible. Pour les voyageurs, le risque principal n’est pas seulement le retard : c’est l’absence de solution de repli en zone moins dense, là où les lignes supprimées constituent souvent l’unique transport public disponible.
Liège–Verviers : le mouvement se prolonge, blocages annoncés jusqu’à lundi matin inclus
Dans l’arrondissement Liège–Verviers, la grève s’inscrit dans une durée plus longue. L’assemblée du personnel réunie ce vendredi matin s’est prononcée pour la poursuite du mouvement, avec des blocages annoncés jusqu’à lundi matin inclus, moment où une nouvelle assemblée doit se tenir. Ce point change tout : il ne s’agit plus seulement d’anticiper la journée du vendredi, mais aussi de prévoir un week-end de déplacements potentiellement très restreints.
La liste des lignes supprimées est particulièrement vaste et couvre le cœur urbain liégeois, de nombreuses liaisons périurbaines, ainsi que des dessertes régionales. Sont annoncées supprimées : T1, B2, 3, 4, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 17, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 58, 59, 67, 68, 69, 71, 72, 75, 76, 77, 79, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 96, 97, 98, 99, 103, 122, 126, 138, 143, 144, 145, 147, 148, 153, 156, 167, 174, 185, 194, 245, 268, 275, 282, 284, 285, 286, 445, 683, 685, 694, 701, 702, 703, 705, 706, 707, 708, 722, 723, 724 et 825.
Certaines lignes sont annoncées “perturbées” avec suppression de voyages, dont 60, 62, 73, 127, 249, 283, 396, 465, 716 et 725, tandis qu’un ensemble d’autres lignes est annoncé “assuré normalement”, incluant notamment 57, 61, 63, 64, 65, 78 et plusieurs liaisons régionales, ainsi que des lignes express E20, E21, E22 et E23. Des limitations de parcours viennent toutefois brouiller la lecture : les 61 et 62 sont limitées à “Liège, Marché couvert”, la 73 est limitée à “Liège Place J. de Wilde”, la 78 à “Herstal Place Licourt”, la 396 se termine à “Eupen Schnellewindgasse”, la 710 à “Eupen GB”, la 727 à “Verviers Octroi”, et les 394 et E23 à “Eupen Haasstr”.
Autre effet concret : les points d’accueil. Dans Liège–Verviers, tous les SHOP TEC sont annoncés fermés, INFOTEC indisponible, tandis que les services SELF et l’eShop restent accessibles.
Namur–Luxembourg : perturbations plus légères, scolaires et TAD maintenus
Dans les provinces de Namur et de Luxembourg, le TEC annonce une situation plus “légère” que dans les bassins les plus touchés. L’enjeu, ici, n’est pas une paralysie complète, mais une incertitude sur des parcours supprimés au cas par cas. Le TEC renvoie vers la recherche d’horaires (ligne et arrêt) sur le site et l’app, avec des mises à jour tout au long de la journée.
Point important pour les familles et les zones rurales : les transports scolaires et le Transport à la Demande (TAD) sont annoncés comme non impactés dans ces deux provinces.
Côté guichets et services, Namur Mélot est annoncé ouvert, tandis que la gare des bus de Namur, Florennes et Ohey sont annoncés fermés. En province de Luxembourg, Marloie, Libramont et Arlon restent ouverts. Le call center est joignable de 7h30 à 17h30, et les solutions SELF/eShop demeurent disponibles.
L’attestation officielle du vendredi 6 février 2026
Pour les voyageurs qui doivent justifier un retard, une absence ou une impossibilité de déplacement, le TEC met à disposition des attestations de perturbation, publiées quotidiennement sur sa page officielle dédiée. Celle de ce Vendredi est disponible en cliquant ici
Une conclusion simple : selon la province, ce n’est pas la même grève
Ce 6 février, la grève TEC ne “touche pas la Wallonie” de manière uniforme : elle la fragmente. Charleroi est annoncé quasiment immobilisé, Liège–Verviers entre dans une logique de prolongation jusqu’à lundi matin inclus, le Hainaut conserve quelques corridors mais supprime une grande partie des lignes, le Brabant wallon cumule une forte liste de lignes perturbées et des services partiellement accessibles, tandis que Namur–Luxembourg se place dans un scénario plus modéré, avec un maintien annoncé des transports scolaires et du TAD.
Au final, le meilleur réflexe reste le même partout : vérifier son trajet à l’échelle la plus concrète, sa ligne et son arrêt, au plus près du départ, et garder une alternative, car la situation peut basculer rapidement selon les décisions prises en assemblées générales et l’état des dépôts.
Retrouvez toutes les informations par province sur le site du TEC
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