Un incident aérien a marqué l’aéroport de Bruxelles-National jeudi 5 février 2026, lorsqu’un Airbus A320neo de la compagnie Scandinavian Airlines (SAS), immatriculé SE-ROM, a failli décoller depuis un taxiway plutôt que la piste prévue. L’appareil effectuait la liaison Bruxelles–Copenhague et a amorcé sa course à 22h04 locales.

D’après les données ADS-B, l’avion a dévié de 120 degrés vers les taxiways Echo 1, Foxtrot 2 et Victor 1, longs de 1100 mètres, au lieu de continuer vers le taxiway C6 pour rejoindre la piste 07R. L’A320 a atteint une vitesse de 119 nœuds soit plus de 220 km/h, proche de celle nécessaire pour le décollage, avant que les pilotes ne réagissent.

Selon un passager, Anders Bork Hansen, les freins et les aérofreins se sont déclenchés brusquement et les moteurs ont été mis en inverseur de poussée, provoquant de fortes secousses. L’avion a quitté le taxiway et s’est arrêté dans l’herbe, à l’intersection des voies Charlie 1 et Victor 1, à quelques centaines de mètres seulement de la fin du taxiway et des barrières de sécurité, ainsi que des réservoirs de carburant.

Après l’incident, les pilotes ont déclaré sur la fréquence radio : « Nous étions presque en train de décoller de la voie de circulation, nous allons bien, nous n’avons aucune indication de feu. » Aucun contrôleur aérien n’est intervenu durant la séquence, contredisant les premières informations diffusées dans la matinée.

Un bilan aérien mitigé pour l'année 2025

Cet incident survient dans un contexte particulier pour l’aviation civile mondiale. Selon les premières données disponibles, l’année 2025 a été marquée par un bilan humain en nette hausse, avec environ 550 décès recensés à la suite d’accidents aériens civils dans le monde. Il s’agit du niveau le plus élevé observé depuis plusieurs années, principalement en raison de quelques catastrophes majeures ayant concentré une grande partie des victimes.

Paradoxalement, le nombre total d’accidents aériens a, lui, diminué par rapport à l’année précédente. Cette tendance confirme que la sécurité aérienne globale ne s’est pas dégradée de manière structurelle, mais que certains événements exceptionnels ont eu un impact disproportionné sur les statistiques annuelles.

Les experts rappellent toutefois que les incidents au sol, tels que les confusions entre pistes et voies de circulation, constituent un risque identifié de longue date dans l’aviation commerciale. Bien que rares, ces erreurs peuvent avoir des conséquences extrêmement graves, en particulier dans des environnements complexes ou de nuit, comme c’était le cas à Bruxelles-National au moment des faits.

Une enquête a immédiatement été ouverte afin de comprendre les circonstances de cet incident

Dans ce contexte, l’enquête ouverte devra déterminer si des facteurs humains, organisationnels, techniques ou liés à l’infrastructure ont contribué à l’incident impliquant l’Airbus A320 de SAS. Ses conclusions pourraient déboucher sur des recommandations de sécurité visant à renforcer encore les procédures de roulage et de contrôle au sol, afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise.