La Région wallonne a officiellement retiré le permis d’urbanisme autorisant la démolition de l’ancien hôtel de ville de Fosses-la-Ville, mettant un coup d’arrêt à un dossier particulièrement sensible sur le plan juridique et patrimonial.
Dans sa décision motivée, le fonctionnaire délégué estime que deux des moyens soulevés dans le cadre du recours introduit contre le permis présentent un caractère sérieux. Ces éléments sont jugés suffisants pour conclure à l’irrégularité de l’acte administratif et justifier son retrait formel.
Un dossier sous haute tension
Ce retrait intervient après plusieurs mois de vives tensions au sein du centre-ville. Malgré les inquiétudes exprimées par de nombreux habitants et l’introduction d’une procédure en référé destinée à prévenir toute démolition jugée irrégulière, le Collège communal de Fosses-la-Ville poursuivait le projet.
Plusieurs riverains avaient également fait état de pressions, dans un contexte où la mobilisation citoyenne s’est progressivement structurée autour de la défense du site.
Une mobilisation soutenue et structurée
Au total, près d’une vingtaine de spécialistes — artisans, architectes et experts en patrimoine — ont examiné le projet et contribué au débat public. Par ailleurs, 114 habitants du centre de Fosses-la-Ville ont officiellement participé à l’enquête publique et soutenu les démarches engagées devant le Conseil d'État ainsi que devant le tribunal de première instance de Namur.
L’analyse patrimoniale réalisée par l’Agence wallonne du Patrimoine a également été saluée pour sa rigueur.
Un rappel au respect des règles urbanistiques
Au-delà du cas d’espèce, la décision de la Région constitue un signal institutionnel fort. Elle rappelle l’exigence de respect des procédures urbanistiques, l’obligation de motivation adéquate des décisions administratives et la prise en considération effective des enjeux patrimoniaux.
Les acteurs mobilisés indiquent à présent examiner les suites à donner au dossier, notamment en ce qui concerne la reconstruction du kiosque, y compris par la voie d’une astreinte si les circonstances l’imposaient.
Dans l’attente, cette décision marque une étape déterminante dans un dossier emblématique des tensions entre développement urbain, sauvegarde du patrimoine et contrôle de légalité.
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