Les 26 et 27 février 2026, un sommet stratégique s’est tenu à Charleroi pour lancer officiellement le nouveau cycle EMPACT consacré à la traite des mineurs. Cette réunion, organisée sous l’égide d’Europol, a rassemblé plusieurs États membres autour d’un objectif commun : renforcer la coopération face à une criminalité organisée qui cible les enfants et adolescents.

La Police fédérale belge joue un rôle moteur dans ce dispositif européen. La Belgique pilote notamment deux plans d’action centrés sur l’exploitation des mineurs, un phénomène en évolution rapide. Parmi les priorités identifiées figurent l’exploitation sexuelle dans la prostitution, la criminalité forcée impliquant des mineurs dans des trafics ou des vols organisés, ainsi que certaines formes d’exploitation observées au sein de communautés vulnérables d’Europe de l’Est et des Balkans.

Les autorités constatent une augmentation préoccupante de la prostitution de mineurs en Belgique, tandis que de jeunes adolescents sont contraints par des réseaux criminels à commettre des infractions sous pression ou menace.

Ces situations demeurent encore insuffisamment investiguées à l’échelle européenne.

Le nouveau cycle stratégique vise à frapper au cœur des structures logistiques qui soutiennent ces réseaux. Derrière les exploitants visibles se cachent des facilitateurs chargés du recrutement via les réseaux sociaux, de l’hébergement, du transport, de la fourniture de faux documents ou encore de la gestion des flux financiers. Ces acteurs de l’ombre échappent souvent aux poursuites, les enquêtes se concentrant davantage sur les exécutants directs.

Un autre enjeu majeur réside dans la qualification des faits. Trop souvent, des mineurs exploités sont appréhendés comme suspects lorsqu’ils sont impliqués dans des trafics ou des vols, alors qu’ils agissent sous contrainte. Les considérer comme délinquants limite leur accès aux dispositifs de protection et complique l’identification des véritables responsables. Le cycle 2026-2029 entend harmoniser les pratiques afin de garantir une reconnaissance systématique du statut de victime.

À travers cette mobilisation européenne, la Belgique affirme sa volonté de renforcer la coopération policière et judiciaire pour protéger les enfants et démanteler les réseaux transnationaux qui prospèrent sur leur vulnérabilité.