Une mobilisation collective face à la perte d’acquis

Dans les ateliers comme sur le terrain, le mouvement de grève dépasse largement une seule catégorie de personnel. Mécaniciens, électriciens, chauffeurs : tous se disent concernés. Pour cet électromécanicien, la mobilisation est avant tout une réponse commune à la remise en cause d’acquis sociaux et à une politique d’économies jugée injuste.

Des décisions qui, selon lui, ne toucheront pas uniquement les travailleurs, mais auront aussi un impact direct sur les usagers.

Une circulaire vécue comme un point de rupture

Le déclencheur du mouvement remonte à la réception d’une circulaire interne. Le document évoquait des réformes concernant les conditions de travail, mais aussi un possible recours accru au privé. Une annonce qui a fait l’effet d’une bombe dans les dépôts et a cristallisé un malaise déjà bien présent depuis plusieurs semaines.

Le sentiment d’être mis devant le fait accompli

Avant d’en arriver à la grève, la tension était palpable dans les ateliers. Le travailleur décrit un climat où le dialogue semblait inexistant. Les tentatives de la hiérarchie pour faire passer certaines décisions « en douceur » ont été mal vécues.

« Nous avons souvent l’impression de n’être que des pions », confie-t-il, estimant que la grève était devenue le seul moyen de se faire entendre.

Des économies déjà visibles sur le terrain

Au quotidien, les effets des restrictions budgétaires se font déjà sentir. Le manque de pièces dans les stocks ralentit les réparations et complique l’organisation du travail. À cela s’ajoute une qualité jugée insuffisante de certains composants, ce qui alourdit encore la charge de travail. Mais c’est surtout la remise en cause des acquis contractuels qui passe le plus mal.

Pour l’électromécanicien, revenir sur des droits existants est non seulement injuste, mais profondément choquant.

La sécurité reste encadrée, mais la pression augmente

Sur le plan de la sécurité, le travailleur tient à souligner que le TEC maintient des standards stricts. Aucun compromis ne serait fait à ce niveau.

En revanche, le manque de personnel est une réalité, particulièrement chez les chauffeurs. De son côté, il décrit une charge de travail en constante évolution, marquée par l’arrivée de nouveaux véhicules, des formations techniques répétées et une paperasse administrative de plus en plus lourde.

Un dialogue possible, mais à un autre niveau

Si les échanges avec la direction locale restent relativement ouverts, les blocages se situent plus haut, au niveau politique et décisionnel. Dans ce contexte, les syndicats jouent un rôle central pour porter les revendications du personnel et tenter de faire bouger les lignes.

Un sentiment d’incompréhension persistant

Malgré la mobilisation, le sentiment dominant reste celui de ne pas être réellement entendu. Ni par les dirigeants, ni parfois par certains usagers qui perçoivent la grève comme un choix de confort. Une vision que l’électromécanicien rejette fermement, rappelant que personne ne se met en grève par plaisir.

Un refus net de la privatisation

Les attentes vis-à-vis des négociations sont claires : les économies doivent être réalisées ailleurs. Toute forme de privatisation est rejetée.

« Il ne faut pas s’attaquer au personnel », insiste-t-il, avant de livrer une réflexion plus personnelle :

« Pour les guerres, les milliards apparaissent comme par magie. Pour les citoyens, on fouille toujours dans la poche des plus petits. »

La solidarité malgré l’impact sur les usagers

Conscient des difficultés rencontrées par les voyageurs, l’électromécanicien dit vivre la situation avec tristesse. Mais il estime que ne rien faire aujourd’hui mettrait en danger l’avenir même du service public. En attendant, la solidarité s’organise : coups de main, accompagnement d’enfants à l’école, présence sur les piquets de grève. Pour lui, cette entraide est essentielle.

Un message clair aux voyageurs

Le message adressé aux usagers se veut rassurant : la grève n’est pas menée uniquement pour les travailleurs, mais aussi pour défendre un transport public fiable, accessible et sans restructurations de lignes.

Une mobilisation dont la durée reste incertaine

Quant à la possibilité d’une grève prolongée jusqu’à mi-février, le travailleur reste prudent mais déterminé.

Si le conflit devait durer, il assure que les équipes iront « jusqu’au bout », tout en espérant qu’une issue rapide soit trouvée.