À l’occasion de la Journée mondiale de la vie sauvage, la Coalition belge pour la biodiversité lance la campagne citoyenne « Pour le retour du vivant », appelant les gouvernements de la Région wallonne et de la Région de Bruxelles à proposer rapidement un plan structuré de restauration écologique à transmettre à la European Commission.

Selon les données communiquées par les organisations environnementales, environ un tiers des espèces animales et végétales présentes en Belgique sont menacées d’extinction.

Par ailleurs, près de 95 % des habitats protégés au niveau européen seraient aujourd’hui en mauvais état écologique, un phénomène qui concerne particulièrement les zones humides, les tourbières, les forêts anciennes et les prairies fleuries, essentielles à l’équilibre climatique et à la santé publique.

« Le temps presse », souligne Corentin Roland, chargé de mission ruralité au sein de l’organisation Canopea.

Les acteurs du secteur environnemental attendent des autorités qu’elles définissent des objectifs clairs, accompagnés de moyens financiers et opérationnels permettant la restauration des écosystèmes fragilisés.

L’année 2026 constitue un tournant stratégique dans la politique environnementale européenne. Le règlement européen sur la restauration de la nature impose à la Belgique la transmission d’un plan national détaillant les priorités de protection, les trajectoires de restauration et les mécanismes de financement à mettre en œuvre à l’horizon 2030 et 2050.

Pour Laurence Drèze, experte biodiversité au sein du WWF-Belgium, cette obligation représente une opportunité majeure de renforcer la résilience écologique du territoire. Elle estime que la restauration des milieux naturels peut contribuer à stabiliser le climat, améliorer la qualité de l’eau et préserver la santé publique.

Cependant, les organisations de protection de la nature jugent les progrès actuels insuffisants. Le bilan intermédiaire publié récemment souligne l’absence de trajectoire d’investissement clairement définie, alors que le plan de restauration doit être remis à la Commission européenne avant septembre 2026.

Face à l’urgence écologique, la coalition citoyenne demande un objectif minimum de restauration de 30 % des milieux naturels d’ici 2030. Les mesures proposées incluent l’arrêt progressif de la dégradation des écosystèmes, le renforcement de la protection des habitats sensibles et la mobilisation de financements structurels.

« Investir dans la nature n’est pas une dépense mais un choix stratégique pour l’avenir », rappelle Alexia Vandebergh de Natagora, soulignant que chaque euro investi dans la restauration écologique pourrait générer des bénéfices significatifs en matière de santé, d’environnement et de qualité de vie.

La coalition rassemble plusieurs organisations actives dans la protection de la biodiversité, notamment Bond Beter Leefmilieu, BOS+, Greenpeace Belgium, Natuurpunt et Vogelbescherming Vlaanderen.