Une grève décidée par la base

Selon le premier chauffeur interrogé, le mouvement n’est pas le fruit d’un mot d’ordre isolé, mais bien d’une décision collective.

« Cette grève a été déclenchée après une assemblée où le personnel a lui-même décidé de la mener. On veut nous enlever des acquis que nos anciens ont durement défendus. Les travailleurs sont déjà confrontés à des fins de mois difficiles et la direction semble vouloir chercher de l’argent dans nos poches. »

Un constat partagé par un second chauffeur, qui pointe directement les choix politiques.

« La grève fait suite aux économies décidées par le gouvernement pour raboter les subsides. En agissant ainsi, on touche directement à notre portefeuille, alors qu’il existe d’autres moyens de récupérer de l’argent plus facilement. »

Un sentiment d’incompréhension face à la direction et aux autorités

Les deux chauffeurs décrivent un profond malaise dans le dialogue social.

« Pour le moment, nous pensons que nos revendications sont entendues, mais malgré tout la direction ne cherche pas d’accord. Les autorités font pareil. Nous avions rendez-vous avec le ministre de tutelle à 9 h, il n’est jamais venu, puis nous voyons une interview de sa part sur les réseaux sociaux. »

De son côté, le second chauffeur se montre encore plus pessimiste :

« Non, les revendications ne sont ni comprises ni entendues. Pour la direction, la grève n’a pas de sens. Pour eux, tout est normal. »

Une grève à durée indéterminée, suspendue aux assemblées

L’avenir du mouvement reste entre les mains du personnel.

« La grève pourrait être prolongée. Nous avons une nouvelle assemblée demain matin et, comme la première, ce sont les chauffeurs qui décideront eux-mêmes de la suite. »

Le second chauffeur confirme :

« Le préavis de grève est déposé à durée indéterminée. Une assemblée est prévue au dépôt avec les trois fronts syndicaux afin de faire le point sur les négociations et décider de maintenir ou non la grève. »

Un métier éprouvant et peu reconnu

Les chauffeurs dénoncent une image dévalorisée de leur profession.

« Notre travail est très difficile psychologiquement. Les journées sont fatigantes, malgré le fait que certains qualifient encore notre métier de “fainéant”. Nous roulons sur beaucoup de lignes avec des bus bondés. Il y a clairement un manque de véhicules et de lignes. »

Le second témoignage détaille les difficultés concrètes du terrain :

« Chaque jour, nous faisons face à des problèmes de circulation, de travaux, de déviations, de validations, sans oublier l’irrespect de certains usagers. Il est fréquent de devoir changer deux fois de bus sur un service de huit heures à cause de pannes : chauffage défectueux, problèmes moteur ou de connexion. Cela pose aussi un problème de sécurité, notamment quand la buée réduit la visibilité. »

Préserver les acquis, pas obtenir des privilèges

Les chauffeurs insistent sur un point central : la grève ne vise pas à obtenir davantage, mais à ne pas perdre ce qui existe.

« Nous nous battons pour conserver nos acquis, pas pour en avoir de nouveaux. Ce que nous avions à notre entrée ne devrait pas être modifié en cours de carrière. »

Une solution est même avancée :

« Si des changements doivent être faits, qu’ils concernent les nouveaux contrats, en toute transparence. Les anciens devraient conserver leurs conditions. »

Des usagers en colère… et des chauffeurs pénalisés

Les réactions du public sont souvent difficiles à encaisser.

« Les usagers réagissent généralement de manière négative. Nous sommes le tampon entre la direction et les voyageurs, et ce n’est pas simple à vivre. »

Contrairement à certaines idées reçues, la grève a un coût réel pour les chauffeurs :

« Nous perdons de l’argent. Le dédommagement est de 40 euros par jour. Sur une semaine de grève, cela représente près de 300 euros de perte. »

Une revendication simple : être entendus

Malgré la tension, le message final reste clair.

« La solution est simple : être entendus et trouver des mesures favorables aux chauffeurs, mais surtout aux usagers. Notre objectif reste de garantir un service sûr et efficace, malgré les contraintes. »

En conclusion 

La grève des chauffeurs TEC révèle un profond malaise : remise en cause d’acquis, conditions de travail difficiles et manque de reconnaissance. Entre incompréhension des usagers et tensions avec la direction, ils rappellent que leur mobilisation est un appel à être entendus, pour protéger leurs droits et garantir un service sûr aux voyageurs.

Message aux usagers

Vendredi 30 janvier 2026 – Perturbations prévues

Attendez-vous à des ralentissements et déviations temporaires sur les lignes TEC.

Rassemblement prévu : Gare de Jambes → Gare de Namur (10h30-13h00)